A commencer par ses (ex)amis de NPNS dont l’une de ses co-fondatrices Safia Lebdi, se déclare « en colère » suite à cette nomination. Cette nomination aura au moins fait une heureuse : Sihem Habchi, qui fut désignée aussitôt présidente intérimaire (mais on sait que les intérimaires finissent souvent par décrocher un CDI) pour remplacer la démissionnaire.

Surpris également furent ses anciens amis du Parti Socialiste, puisqu’il faut le rappeler, Fadela Amara fut membre, et élue conseillère municipale socialiste dans la région de Clermont-Ferrant. C’est le jeune vieux Razzye Hammadi (président des jeunes socialistes du haut de ses 30 ans) qui fut chargé de la sale besogne, traitant le comportant de Fadela Amara de « trahison », allant même jusqu’à oser une métaphore de mauvais goût : "quand les annonces et les comportements de certains, pendant des années, s'écartent des valeurs socialistes et des cadres de fonctionnement collectifs, on ne peut pas être surpris que le ver finisse par sortir du fruit".. Une fois de plus, au lieu de se remettre en cause, de se réformer, de se rénover, de se … bref les socialistes et leurs dirigeants s’adonnent à leur jeu favori : le dilettantisme, l’invective et l’intimidation.

Beaucoup furent encore surpris du binôme atypique que Fadela Amara sera contrainte de mener avec Christine Boutin dont les déclarations et les prises de position furent il y a pas si longtemps considérées par beaucoup comme proches des milieux catholiques traditionalistes.

Mais Fadela Amara, n’a que de faire de ces critiques et des ces cris de vierges effarouchées, déterminée à assumer son choix et son engagement elle explique à travers divers médias les raisons de son ralliement auprès de Nicolas Sarkosy.

Elle dresse tout d’abord un bilan sans concession des errements et des contradictions du Parti Socialiste « Ils (dixit ses dirigeants) ont laissés dévier les quartiers populaires, qui ne sont aujourd’hui que des ghettos de souffrance, des poches de relégation en proie à toutes les violences. On a surfé sur le désœuvrement et les discriminations pour asseoir un discours victimaire – en oubliant la valeur travail – qui a enfermé une partie de la jeunesse dans l’assistanat et le repli communautaire. Les notables de la gauche se contentent de stratégies tactiques sur le racisme et l’antisémitisme au lieu de le combattre au nom des principes… (1)». Et d’ajouter « Et une certaine gauche, a tourné le dos à une valeur fondamentale de la République : la laïcité, cette formidable école de l’intelligence qui protège, qui émancipe et assure la liberté de conscience(1) »… Après ça on se demande qui a trahi ses valeurs : Fadela Amara ou… Razzye Hammadi…

Ne s’arrêtant pas dans sa lancée, la nouvelle secrétaire d’état pointe la ou ça fait mal : « La gauche est bien silencieuse sur le Darfour, l’intégrisme en Iran, la Tchétchènie »…. Il est vrai que par les temps qui courent ce que l'on entend du parti socialiste, c’est surtout … la cacophonie.

(1) : Nouvel Observateur du 21/06/07